> Livre > Le lieutenant Gustel

Le lieutenant Gustel

Arthur Schnitzler

Résumé : Pour Le Lieutenant Gustel, premier « monologue intérieur » de la littérature allemande, Schnitzler a pu s'inspirer des Lauriers sont coupés d'Edouard Dujardin, paru en 1888, douze ans avant la nouvelle de l'écrivain autrichien publiée, elle, dans le supplément de Noël d'un grand quotidien la « Neue Freie Presse », la même année que sa fameuse pièce La Ronde imprimée en 200 exemplaires et à compte d'auteur.
L'armée n'apprécie guère Le Lieutenant Gustel, et Arthur Schnitzler est traduit devant un tribunal militaire et dégradé de son rang d'officier. Vingt ans après, on interdit encore les représentations de La Ronde. Schnitzler est un écrivain qui dérange.
Enfin un auteur osait parler librement des femmes, de la sexualité, de l'honneur de l'armée, des fantasmes de l'inconscient, de la « pénombre des âmes », pour reprendre le titre d'un de ses recueils de nouvelles, et cela avec une telle lucidité, une telle acuité, une telle franchise qu'une certaine société viennoise brillante, légère, frivole, qui dissimulait adroitement misère et mensonge sous les strass et les rires, pouvait bien être troublée, bouleversée même, car Schnitzler lui renvoyait sa propre image.
Dans Le Lieutenant Gustel, Schnitzler explore la conscience d'un nomme qui se prépare au suicide pendant qu'if erre en pleine nuit a:~ Prater. A la sortie d'un concert, on l'a bousculé et injurié. Affront irréparable, puisque l'offenseur n'est autre qu'un boulanger avec lequel un duel est impossible. II ne reste à Gustel une solution : mettre fin à ses jours. Schnitzler pénètre, de sa terrifiante lucidité, les pulsions et les fantasmes de Gustel, qui revoit ainsi ses parents, sa sueur Clara, les douces sensations laissées par ses maîtresses, qui imagine aussi sa peur, son proche avec son enterrement. Tandis que défilent les dernières images qui le séparent de la mort, le printemps déjà s'annonce, on est le 4 avril. Au passage, Schnitzler, avec une ironie terrible, ne nous hargne ni la suffisance, ni la cuistrerie, ni la morgue, ni la phalocratie. ni même l'antisémitisme de son lieutenant.
Si on ne se bat pas avec un boulanger, on ne se suicide pas le ventre creux. Au petit matin, Gustel s'offre donc un café au lait. Le garçon qui lui apporte les petits pains lui apprend que le boulanger est mort d'une attaque d'apoplexie. Le lieutenant Gustel
retrouve son honneur et sa vie. « A nouveau le monde m'appartient », et il se précipite pour écrire à sa maîtresse.
Deux autres nouvelles font suite au Lieutenant Gustel. Dans L'Appel des ténèbres se révèle une fois de plus la perception aiguë du Schnitzler médecin, fils d'un laryngologue réputé, dans la clinique duquel il avait entrepris de traiter par l'hypnose et la suggestion les malades atteints d'aphonie fonctionnelle. La psychothérapie, la télépathie, les théories de Freud et de Charcot, le passionnaient alors. Dans ses propres écrits il décortique au scalpel l'âme humaine, la conscience innervée de ses héros en proie aux obsessions, aux angoisses de la folie, au doute perpétuel. L'Appel des ténèbres, l'une de ses dernières oeuvres, écrite l'année même de sa mort en 1931, fait le constat de la démence qui s'empare d'un homme sous l'oeil clinicien de son frère psychiatre...
La folie, le suicide sont des thèmes majeurs de l'oeuvre de Schnitzler. Après sa mort brutale, survenue à l'âge de 69 ans, à la suite d'une hémorragie cérébrale, Schnitzler provoque encore le scandale. D'abord, il est juif, ensuite les nazis jugent ses livres pernicieux : ils brûleront ses romans et interdiront ses pièces de théâtre.
Pourtant peu d'écrivains avaient connu un tel succès, dans cette Vienne fin et début de siècle.
Arthur Schnitzler était né dans la rue du Prater, le 15 mai 1862. Après sa promotion au titre de docteur en médecine, il était entré en relation avec le cercle « ,Jeune Vienne » qui réunissait Hofmannsthal, Karl Kraus, Herman Bahr et plus tard Peter Altenberg. Ils se rencontraient au célèbre café Griensteild, car à Vienne tout passe par les cafés, ces clubs démocratiques faits pour discuter et écrire. Très vite le cycle doux-amer d'Anatole le fit connaître au théâtre ainsi que Liebelei. Puis romans, nouvelles et pièces se succédèrent à un rythme accéléré, Berthe Garlan, La Ronde, La Pénombre des âmes, Terre étrangère, Le Retour de Casanova, Mademoiselle Else, Les Dernières Cartes, Thérèse et cet Appel des ténèbres qui traduit tout le désabusement, le désespoir dont il est hanté. Cocasses ou pathétiques, toujours infiniment cruelles, les oeuvres de Schnitzler nous plongent dans la fatalité la plus fermée. Il est le messager de la plus totale désespérance.

Nicole Chardaire
Source : Le Livre de Poche, LGF

"Le lieutenant Gustel" est paru dans les collections suivantes :

 Achetez le livre d'occasion Le lieutenant Gustel de Arthur Schnitzler sur Livrenpoche.com


 Achetez le livre d'occasion Le lieutenant Gustel de Arthur Schnitzler sur Livrenpoche.com

Pocket n°2793 | Pocket

1ère édition en 1987

Traduit par Dominique Auclères


En savoir plus voir toutes les infos sur le livre de poche Le lieutenant Gustel de Arthur Schnitzler en vente sur Livrenpoche.com


 Achetez le livre d'occasion Le lieutenant Gustel de Arthur Schnitzler sur Livrenpoche.com

Pocket n°3528 | Pocket

1ère édition en 1987


En savoir plus voir toutes les infos sur le livre de poche Le lieutenant Gustel de Arthur Schnitzler en vente sur Livrenpoche.com


 Achetez le livre d'occasion Le lieutenant Gustel de Arthur Schnitzler sur Livrenpoche.com

Pocket n°3528 | Pocket

1ère édition en 1987


En savoir plus voir toutes les infos sur le livre de poche Le lieutenant Gustel de Arthur Schnitzler en vente sur Livrenpoche.com

Commentaires

Il n'y a actuellement aucun avis pour Le lieutenant Gustel.

Donnez votre avis sur ce livre