Nous sommes le 20 January 2017
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Pour son premier roman paru à l'Ecailler du Sud, Philippe Arnaud, auteur confirmé de nouvelles, nous a accordé une entrevue... décalée.
Ses propos reflètent le ton de son livre : plein d'humour et des idées originales.
Un roman à ne pas manquer et que nous vous conseillons vivement.

Bibliopoche : Vos écrits sont plutôt portés sur la nouvelle, et avec réussite. Comment vous est venue l'idée du roman ?

Philippe Arnaud : Je suis né en Corrèze en 1969 de père inconnu. Ma mère faisait des ménages dans les châteaux de la région. Pendant toute mon enfance , un mystérieux parrain a envoyé des chèques à la maison pour subvenir à mon éducation ce qui m'a permis de faire des études à la Sorbonne puis d'intégrer Normale Sup. C'est suite à ma rencontre avec Mazarine, la femme de ma vie et la naissance de notre fils, François- Jacques que l'idée d'écrire un roman m'est venue. Ceci dit, les raisons profondes, je les ignore.

La boîte à chagrins
Spéciales N°7
296 Pages - 10/2002
ISBN : 2914264267


B : Pourquoi avoir choisi le Président de la République ?

P.A. : A cause de mon parrain. Quand il a bu trop de coronas, il me demande de l'appeler papa et il me dit sur le ton de la confidence : un jour, fils, je t'inviterai à l'Elysée. Il est un peu excentrique mon parrain, c'est un auvergnat qui est monté à Paris. L'Elysée, c'est un fantasme de paysan diplômé, resté pas assez longtemps à la communale et trop longtemps à l'ENA. C'est pour lui faire plaisir.

B : Les " excentricités " du personnage principal ont-elles à voir avec l'actualité ( repas et vin et vie conjugale ) ?

P.A. : Oui, bien entendu. Tout est vrai. La preuve, dans le prochain épisode, je raconte comment une nuit d'été, en vacances au fort de Brégançon, le Président exhibe ses bijoux de famille devant un parterre de paparazzis armés de puissants téléobjectifs. Dit ainsi, ça fait exagéré et on se dit, vraiment Arnaud, quelle imagination. Et bien, je vous jure sur la tête de mes deux fils, que c'est la vérité vraie. J'invente rien, je suis juste bien documenté ( plus les confidences de parrain. )

 

B : Vous êtes allé loin dans les descriptions de l'horreur. Quel était le but ?

P.A. : L'adaptation des droits télévisés. Les responsables de chaînes m'ont dit : tu vois coco, si tu veux qu'on te prenne ton livre, tu nous balances un max de bouldum ( bouleversant d'humanité pour les profanes ) et du sanguinolent bien gore. J'ai suivi le cahier des charges.

 

B : Vous dépeignez une vie à l'Elysée inconnue du grand public. Vos sources ?

P.A. : Corona avec parrain, sinon: Saint Emilion Château Coutet, Chivas et Bandol rosé, au dessus de 15°. Des sources composées essentiellement de jus de raisin fermenté et vieilli en fûts de chênes, d'alcool de grains de 12 ans d'âge et accessoirement de livres et articles qui s'empilent sur mon bureau et que je lis quand toutes les sources en bouteilles sont taries, que tout est fermé et que j'ai deux ou trois heures à occuper avant l'ouverture du premier bistrot ou de la première épicerie.

 

B : Certaines idées " sociales " ressortent de votre livre. Vous avez voulu faire passer des messages ?

P.A. : Oui. Plein. C'est un deal avec mon éditeur qui est un sous-traitant de la Poste et de Wanadoo. Je fais passer des messages en douce, limite subliminal, et on a droit à un abonnement à internet gratuit. Personne n'a le courage de le dire mais moi je balance : tous les auteurs sont sponsorisés. Si vous publiez cet interview et les lignes qui vont suivre, je pense que j'aurai le prix SNCF, l'année prochaine (ou à défaut une carte orange trois zones ).

Bertin, épisode 2, extrait :

" — Vous prenez le train, Monsieur le Président ?

— Bien entendu, Solard, c'est rapide et tout le monde sait que le TGV Marseille- Paris n'est jamais en retard. "

 

B : D'où est venue l'idée du fantôme ?

P.A. : A Colombey-les-deux-églises, un jour de juillet alors qu'il faisait une chaleur caniculaire. J'étais tombé en panne d'essence et en attendant la dépanneuse, je suis rentré dans le petit cimetière du village pour me protéger du soleil et manger un sandwich à l'ombre ( et au fromage ). J'avais posé un bout de fesse sur une dalle de marbre quand j'ai entendu une voix me dire :

— si tu voulais bien te pousser, gamin, tu es assis sur mon képi.

 

B : Mirliton et ses amis sont aussi aveugles que ceux qui côtoient Superman pour ne pas voir la réalité ( rires )

P.A. : Ce n'est pas de l'aveuglement. Ca s'appelle très simplement l'amitié, voir les gens non pas comme ils sont mais comme on les aime.

 

B : Tous vos personnages mangent la vie à pleine dents. C'est votre conception ?

P.A. : Absolument. La vie est courte. Comme le rappelle Prachett et Gaiman dans De bons présages ( J'ai lu Fantastique ) : demain est le premier jour du temps qui nous reste à vivre.

Ne le gâchons pas avec des choses qui n'en valent pas la peine. Dieu ou le diable, ou peut-être les deux ensemble ont fait le vin, le corps des femmes, l'Italie, la musique, la peinture, la poésie et tellement de choses merveilleuses. Il faut les mordre à pleine dents. Tout le reste est littérature.

 

B : Vos projets d'avenir ?

P.A. : A moyen terme : des nouvelles, le second épisode des aventures du Président Bertin, un autre roman déconnant et un roman noir

A long terme : un roman picaresque en cinq livres et 2000 pages environ

A court terme : la vaisselle qui s'entasse depuis dix jours puis la première phase du processus de reproduction des hominidés sapiens parce que mon lave linge déborde, que je n'ai plus rien de propre à me mettre et qu'à force de me balader à poil dans l'appartement ça me donne envie de m'habiller d'une paire de draps frais et de seins chauds.

Merci

Benjamin DUQUENNE

 

Le résumé :

 

Le Président s’ennuie à l’Elysée. Tant est si bien qu’il a mis en place une double vie. Accessoirement (ou bien est-il accessoirement président ?) le voilà détective. Le détective-président Léon Bertin sur la piste d’un tueur en série qui assassine avec sadisme et imagination selon un plan diabolique. Et qui lance un défi à la police... Dans une course contre la montre où chaque semaine qui passe allonge la liste des victimes, Bertin, entre deux manifs et un remaniement, est décidé à arrêter le monstre. Et il y mettra du sien.

Source : L'Ecailler du Sud

 

Ce que nous en pensons :

 

Idée originale et personnage hors du commun, Philippe Arnaud a su diriger son enquête en évitant banalités du genre et ennui. On y retrouve l'humour mais aussi des idées fortes dans un décor peu banal - L'Elysée - que l'on découvre sous un jour nouveau.

 

Notre note :

 

 

 


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