Nous sommes le 25 February 2017
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MARY LESTER

 

« Ça ira mieux demain », 27e épisode des enquêtes de Mary Lester, vient de paraître (Éditions du Palémon). Par l’intermédiaire du romancier Jean Failler, rencontre avec cette dynamique jeune femme de 30 ans, au caractère affirmé.


Claude Le Nocher : Mary, vous êtes aujourd’hui très connue pour vos enquêtes. Vous sentez-vous une sorte d’ambassadrice de la Bretagne ?
Mary Lester : Je ne sais si le terme «ambassadrice» convient. Un ambassadeur fait partie du corps diplomatique. Or vous avez pu constater, au cours de mes enquêtes, que la diplomatie n’est pas mon fort.

Fille du bord de mer, vous semblez moins à l’aise en ville ou en campagne ?
M.L. : Il est vrai que je me sens plus à l’aise en milieu marin qu’en campagne et surtout qu’en ville. La grande ville me rebute bien plus que la campagne.

 

Votre supérieur est le commissaire Fabien. Vous le respectez, mais on sent poindre d’autres sentiments ?
M.L. : Oui, je respecte profondément le commissaire Fabien. Quant aux sentiments que je pourrais ressentir à l’endroit d’un homme qui pourrait être mon père, ils ne pourraient qu’être filiaux.

 

Vous admettez ne pas aimer la hiérarchie, ni les prétentieux ?
M.L. : Je respecte tout à fait la hiérarchie quand celui (ou celle) qui l’exerce est digne de l’exercer, c’est à dire qu’il est compétent et responsable.

Quant aux prétentieux… vous connaissez quelqu’un qui les aime ?


Vous êtes intrépide, jusqu’à prendre trop de risque ?
M.L. : Intrépide, moi ? Le sens premier du mot – qui ne craint pas le péril – ne me convient pas. Je crains le péril, comme toute personne sensée. Le sens second me convient mieux : qui ne se laisse pas rebuter par les obstacles. Autrement dit : tenace, obstinée. Ça, je veux bien. Pourtant, le terme caractérisant le mieux mon caractère serait, je crois, «impétueux» dans le sens «vif, emporté, fougueux». Car, dans le feu de l’action, il m’arrive de me mettre dans des situations difficiles, d’où ma réputation (usurpée) d’intrépidité. Dans la police comme dans la vie, il y a ceux qui font et ceux qui commentent. Une chose est d’être sur le terrain, confrontée à des situations qu’il faut résoudre dans l’instant ; une autre d’être dans un bureau, et de ratiociner après coup en épluchant des rapports. C’est comme dans un match de football : l’arbitre doit décider en quelques secondes s’il y a ou s’il n’y a pas faute. Les commentateurs sportifs ont ensuite beau jeu, après avoir examiné la séquence incriminée au ralenti sur leur télé et sous tous les angles pendant deux heures, de dire s’il a bien ou mal jugé. Cependant, la différence entre l’arbitre et le flic, c’est que l’homme en noir ne risque pas plus qu’un commentaire défavorable dans l’Équipe du lendemain. Tandis que le flic, lui, joue sa peau.

Votre ami le lieutenant de police J.P.Fortin est vraiment un lourdaud ?
M.L. : Jean-Pierre Fortin est un homme. Ce qui implique qu’il a les qualités d’un homme, en particulier la force qui ne nous est pas dévolue de la même façon à nous, pauvres femmes. Il nous faut donc compenser ce manque physique par une subtilité qui manque parfois aux mâles. Jean-Pierre n’est ni plus, ni moins lourdaud qu’un autre. C’est un mec, un point c’est tout. Et, vous vous en serez certainement aperçu, nous sommes parfaitement complémentaires. Ça me va très bien, n’en déplaise aux féministes.

Selon vous, quelle est votre principale qualité ?
M.L. : Voilà bien une question difficile, qui vous donnera plus tard l’opportunité de me taxer d’immodestie. Je dirais donc que j’ai une horreur immodérée de l’injustice. Et, si j’ai le droit d’ajouter quelque chose, je prétends aussi avoir le sens de l’humour.

Vous manquez de diplomatie, au risque de parfois passer pour une casse-pieds ?
M.L. : Je vous laisse la responsabilité de cette assertion… que je ne démens pas. Lorsque je suis persuadée d’avoir raison, je peux être (comme vous dites) terriblement casse-pieds !

A part Mozart et votre chat Mizdu, comment occupez-vous votre temps libre ?
M.L. : Ce qui se passe en dehors des enquêtes ressort de ma vie privée, et je ne l’étalerai jamais sur la place publique. Cependant, je peux vous rassurer : Je vis comme toute jeune femme de mon âge. J’ai des amies, des amis, des relations. Je sors pour aller au concert, au cinéma ou au théâtre… ou simplement pour prendre un verre à une terrasse, ou dîner chez des copains. J’entretiens ma forme à la salle de gym ; je fais volontiers du bateau, ou de la pêche à pieds aux grandes marées. Rien que de très banal, comme vous pouvez voir.
Si elle ne concerne que vous, votre vie intime paraît peu animée ?

Votre Lilian n’est guère présent ?
M.L. : Comment pouvez-vous savoir que ma vie intime est peu animée, puisque je n’y fais jamais allusion ? N’est-ce pas là ce qu’on appelle : prêcher le faux pour savoir le vrai ? Eh bien, c’est raté ! Comme pour la question précédente, et plus encore, il s’agit là de ma vie privée. Tant pis pour les voyeurs, ils n’en sauront pas plus… Et je ferai miens ces deux vers de Brassens (que j’adore) :
« Selon lui, mettre en plein soleil
Son cœur ou son cul, c’est pareil… »
Que les chastes oreilles me pardonnent ! Quant à mon ami Lilian, il a lui aussi une vie professionnelle qui l’amène à se déplace fréquemment. Ainsi nous n’avons pas le temps de nous lasser mutuellement. Tout à l’heure, vous avez fait allusion à mon attirance pour la mer. Disons, pour clore le chapitre, que j’ai la vie d’une femme de marin.



Qu’est-ce qui plait le plus à votre lectorat : votre caractère, les enquêtes, les lieux, ou autre ?

M.L. : Quant à savoir ce qui plait le plus à mes lecteurs, il faudrait «sonder les reins et les cœurs». Je n’ai ni l’envie, ni les moyens de le faire. Je pense cependant que, plus que tout autre chose, c’est la manière de raconter qui fait le succès de ces romans. «Le style, c’est l’homme» a dit Buffon. Et pourquoi pas la femme, monsieur le grand naturaliste ?

Votre succès est incontestable. On craint que vous perdiez votre modestie ?
M.L. : S’il est vrai que ces romans sont appréciés, il n’y a néanmoins aucune raison pour que ce succès me monte à la tête. (Voir plus haut ma réponse à propos des prétentieux, je ne tiens pas à en être). Depuis la défection de Jean Failler, me voici poussée sur le devant de la scène, et c’est quelquefois difficile à vivre. Quand je prends un café le samedi matin à la terrasse du Bar des Amis, près des Halles à Quimper, il arrive souvent que je sois importunée par des fâcheux. Je leur réponds toujours avec gentillesse. Mais, lorsqu’ils s’incrustent, je n’hésite pas à me faire comprendre plus directement. Certains se retirent mal contents en marmonnant : mais pour qui elle se prend ? Je ne me prends pour rien d’autre qu’une fonctionnaire de police qui a terminé son boulot, et qui souhaite siroter un café en prenant le soleil. Il ne faut pas confondre désir de tranquillité et immodestie…

 

 

Merci à Mary Lester pour ses réponses ; et à notre ami commun, Jean Failler. Pour en savoir plus sur elle, consultez son site : http://www.marylester.com

 

Claude LE NOCHER



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