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Le Billet Polar



Peter Warren
Le privé de G. Morris-Dumoulin

Né en 1924, Gilles Maurice Dumoulin obtint le Grand Prix de Littérature Policière en 1955 pour « Assassin, mon frère… » Durant sa longue et prolifique carrière de romancier, il créa plusieurs personnages de séries, espions ou aventuriers. Vic St Val reste l’un des plus connus.
Le premier, à partir de 1952, fut le détective privé Peter Warren. Il est le héros de dix romans, signés G.Morris puis G.Morris-Dumoulin, dans les collections Un Mystère et Spécial-Police.
Le Dictionnaire des Littératures Policières (de C. Mesplède) nous le présente ainsi :
« …Peter Warren, un détective privé new-yorkais dont l’agence est située dans la 43e rue. Secondé par Gloria, son efficace secrétaire (et éternelle fiancée), il est aussi aidé par le frère de celle-ci qui travaille à la brigade criminelle. [Ses aventures] relèvent du roman noir à l’américaine… » (Editions Joseph K., 2003)
C’est particulièrement vrai pour les trois premiers titres de la série : « Qu’est-ce qu’on risque ? » (1952), « Sur le gril » (1953), « Le feu aux poudres » (1954). Très crédible, l’ambiance rappelle celle des films noirs de l’époque. Ces enquêtes sombres et musclées sont racontées par le héros, avec une certaine ironie.

Dans la revue «Le crime est notre affaire», Serge Perraud précise :
« …G. Morris fait de Peter Warren un privé plus «tendre» que la moyenne, avec une bonne dose d’humanisme et d’humour, l’un allant rarement sans l’autre. Les scénarios sont solides et les histoires bien construites. L’auteur fait preuve d’une inventivité certaine dans les péripéties… » (n°30, janvier 2000)
Dans « Le feu aux poudres », Peter Warren prend en filature une jeune fille qui pénètre dans un bar fermé. Ils assistent, impuissants, à un meurtre. Tous deux s’enfuient. Ils doivent ruser, car le quartier est cerné par la police… L’homme d’affaire Hebbert avait engagé le détective afin qu’il surveille et protège sa fille Austine. Peter n’apprécie guère les amis d’Hebbert. Surtout, il s’interroge sur la mort de son collègue Frankie Adams. Peter croise plusieurs fois un homme à la voix aussi douce qu’inquiétante. Sans doute est-il dangereux…


En 1958, pour « Vous êtes durs avec moi », Peter Warren séjourne en France. Il témoigne des méthodes efficaces de son ami le commissaire Ludovic Arnault. Peter pense tenir un scoop : une rencontre discrète entre le truand Amato et le policier Beauchamps. Prendre une photo prouverait leur collusion. Mais bientôt les cadavres s’accumulent. Des indices visent à incriminer Peter. Quel est le rôle de la belle Carla dans cette affaire ? Vic Arnault croit-il son ami américain coupable ? Peter doit se débrouiller seul pour retrouver les vrais assassins… Une aventure mouvementée, bien sûr !
C’est en 1964, dans « Modestie mise à part », que Peter Warren choisit de s’installer définitivement en France. Même si le métier de détective n’y est guère valorisé, il se plait dans ce pays… Alors qu’il est sur le point d’être engagé par Mme Brévanne, un hold-up se produit chez celle-ci. Témoin et armé, Peter tire sur les voleurs. Il en blesse un ou deux. Georges, un jeune copain du détective, faisait-il partie de la bande ? Sa jolie sœur Sylvie demande à Peter de disculper Georges. Pas si facile. Face aux crapules qu’il affronte, il faut se montrer aussi astucieux que prudent.


Ce titre inaugure la deuxième partie de la série, privilégiant action et humour, sans négliger le suspense. « … Se plaçant souvent à la limite de la légalité, pour le bien de la justice et de la vérité, il est parfois en butte aux tracasseries policières. Au cours d’enquêtes extrêmement mouvementées, il ramasse comme ses collègues des coups de crosse et de matraque. Mais s’il se relève avec une forte migraine, il n’en repart pas moins à la recherche d’un nouvel indice, à l’assaut d’une nouvelle hypothèse… » (S.Perraud, Le crime est notre affaire, n°30,  janvier 2000)
« Mettez-vous à ma place » (1965) est un des plus savoureux épisodes de la série. Naturalisé français depuis quinze jours, Peter Warren se trouve dans une station de sports d’hiver. Sa mission est quasiment remplie : il a établi que Mme Pabst y rejoignait son amant, et a averti le mari qui doit bientôt arriver. Peter est intrigué par un groupe d’hommes, semblant attendre l’arrivée de quelqu’un, guettant le téléphérique. On retrouve une sacoche vide, qui contenait le butin de leur hold-up. Mais leur complice a disparu. Le groupe s’énerve, et prend en otage tous ceux qui résident à l’hôtel. Peter protège sa belle amie Hélène, et tente de résoudre le problème. Mais les adversaires sont coriaces.


Dans « Croyez-moi sur parole », Peter Warren est une fois encore chargé de protéger une jeune fille, Josie. Son père, qui fut un caïd du Milieu, aujourd’hui rangé, ne tient pas à ce qu’elle découvre son passé. D’autant que sa curiosité cause plusieurs victimes. Est-ce Charlie da Costa, patron de cercles de jeu, qui manipule cette affaire ? L’enquête s’annonce agitée pour Peter.
Dans « Pourquoi se priver ? » (1967), le détective infiltre sous un faux nom une cité de région parisienne. Il n’hésite pas à jouer les durs. Sa mission consiste à retrouver la trace de Dominique Christiani, dit Dodo. Celui-ci, qui a une douzaine de meurtres à son actif, semble se cacher ici. C’est sans doute lui qui dirige une bande de jeunes braqueurs. Le dangereux fugitif semble avoir des complices partout.
Dans « Avant que ça me reprenne » (1969), Peter Warren est tombé amoureux de la belle Frédérique. Celle-ci doit convoyer de Marseille à Paris une précieuse statue (que Peter trouve horriblement laide). Peter les accompagne. Lors du trajet, deux hommes essaient de voler l’œuvre d’art. C’est pourquoi, à l’arrivée, Peter décide de passer la nuit dans le musée qui accueille la statue. Les deux affreux se manifestent à nouveau. Ils ne trouvent pas ce qu’ils sont venus chercher. Peter craint que Frédérique ne soit en danger.



Dans « On ne m’a pas comme ça » (1969), Peter Warren enquête sur la disparition de Georges Guérin, patron de société. Cette affaire a un rapport avec la série des «meurtres du Zodiaque». Un policier en tenue, un représentant de commerce, un ancien boxeur et un ouvrier en ont été les victimes. Ami de Peter, le commissaire Morel pense que Guérin était impliqué dans un trafic de drogue. Possible, car c’est ce que cherche le truand Menotti. Pourtant, le Zodiaque a prévu d’autres meurtres.
Ainsi s’achève cette série de romans. Car G.Morris-Dumoulin (et Patrice Dard) préparent les aventures d’un nouveau héros : Vic St Val. L’auteur en produira six à huit par an, de 1971 à 1979. Puis il se consacrera à la science-fiction jusqu’en 1987, dans la collection Anticipation du Fleuve Noir.
Cinq autres romans mettant en scène Peter Warren ont été écrits, mais jamais publiés. Ce personnage, peut-être typé des années 1950-60, s’inspire un peu de Mike Hammer (de M. Spillane) sans la violente noirceur, ou d’un acteur comme Eddie Constantine (« qui aurait mieux joué la comédie et perdu son accent » dit l’auteur). On retient surtout l’humour, la castagne et le suspense dans les dix aventures de Peter Warren. Sans oublier de souligner cette narration fluide et enjouée, qualité maîtresse de ces romans d’action. On a plaisir à lire ou relire les enquêtes de Peter Warren.


CLAUDE LE NOCHER

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