Nous sommes le 24 May 2017
Le Billet Polar

HERVE JAOUEN

Une sélection de romans d'Hervé Jaouen, vus par les chroniqueurs spécialisés.

QUAI DE LA FOSSE (1981, Engrenage)
" L'un de ses romans les plus troublants, Prix 1982 du Suspense, c'est le récit parfaitement équilibré des trois chutes du héros, Kévin " (Claude Mesplède, idem)

MAREE BASSE (1983, Encrage)
Quelque part en Bretagne. Deux marginaux se rencontrent, sympathisent. Ils sont en révolte contre tout, et contre tout le monde, sans bien savoir contre quoi ils doivent lutter. Le système ? Les cons qui dépensent tout leur fric pour leur bagnole ? Une nuit, ils vont s'amuser à démolir la rutilante voiture de deux jeunes crétins, victimes volontaires de la société de consommation. La fille accompagnant les petits mecs en question préfère suivre les deux copains. Ça y est, le trio est formé : Bigbande, dont le sexe est toujours en érection ; Beaumax, en manque de vie originale ; et la bizarre Roseline, dont Beaumax est amoureux.
Leur première nuit en commun se termine mal. Un ivrogne qui cherchait la bagarre est mort accidentellement, bousculé par Beaumax. Celui-ci et Roseline s'enfuient sur la moto de Bigbande. Il est d'accord, mais parle de vol pour ne pas être inquiété. Il le sera pourtant, quand il cherchera son casque après avoir été entendu au Palais de Justice. Son avocate l'en sort avec une belle plaidoirie. Elle a obtenu huit jours avec sursis, car elle a envie de s'envoyer son client. Quant à Beaumax, il va découvrir l'univers de Roseline. Pas tellement joyeux ! Il serait bien avisé de chercher aussi ce qu'elle a dans la tête, Roseline. L'inspecteur Holstein n'est pas un génie de la police. Bigbande et son casier judiciaire minable, il s'en foutrait… s'il ne retrouvait le gars bien installé chez l'avocate. Déjà, il pensait que ce type connaissait le prétendu voleur de moto, ainsi que la fille. Une piste à suivre ? Sans en prévenir ses chefs, il y songe fortement… Beaumax a compris que la situation dérapait sévèrement… (Claude Le Nocher)

TOILETTE DES MORTS (1983, Engrenage)
Quand un réfractaire au Service National veut simuler la folie, il doit traverser de nombreuses épreuves. Les autorités militaires ne sont pas dupes. Pourtant, il montre bien des faiblesses psychologiques, avérées dans un rapport médical. Lhostis endure l'éprouvant régime qu'on lui impose. Mais sa femme Corinne se suicide. A sa sortie, il va châtier les six responsables de ce drame. Le patron d'un réseau de la Sécurité Militaire, qui le traque, ne pourra l'en empêcher. A la fin de sa mission, Lhostis rencontre une femme lui rappelant beaucoup son épouse. Mais la vérité n'est peut-être pas dans la tête de Lhostis… (Claude Le Nocher)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

" Un jeu de miroir entre une histoire réelle et une histoire imaginée : un aide-comptable simulant la folie pour être réformé est interné dans un hôpital psychiatrique. A sa sortie, il met au point un plan diabolique pour se venger des officiers qui l'ont condamné " (Claude Mesplède, idem)

LE VOLEUR DE JEANS (1983, Spécial-Police - signé : Mikaël Ennis)
" Une vie de flic, c'est une vie de chien quand on est un poulet label rouge grillé par l'ancien régime. En attendant le 10 mai 81, on revient au pays, à Bénodet, réveillonner chez une vieille copine qui, le soir même, perd son jeans… et la vie. Alors, c'est à travers de lunettes noires qu'on regarde la mer et les îles Glénan, et les petits bateaux chargés de hasch, qui se jettent à la côte. Quand soudain, parmi les grêlons, on rencontre du plomb de gros calibre, on se dit que tout est pourri " (4e de couverture) Une noire enquête du commissaire Maxime Gabéric.

LE CRIME DU SYNDICAT (1984, DENOËL)
" La manipulation d'un cadre de banque par sa direction, qui veut venir à bout de syndicalistes remuants " (Claude Mesplède, idem)
" Dans une grande banque de l'Ouest, des dissidents de la CFDT créent un syndicat révolutionnaire. La direction parisienne décide de tuer dans l'œuf la chienlit gauchiste. Comment ? En nommant comme DRH un ancien secrétaire général du syndicat des cadres " (4e de couverture)

LES CHIENS DU SUD (1987, DENOËL)
" Un fait divers, se déroulant dans l'État d'Alabama, mais, concernant un jeune étudiant breton qu'il connaît, va inciter Hervé Jaouen à imaginer un roman noir "américain". "Pour le récompenser de sa réussite dans ses études, les parents du jeune homme lui ont offert un voyage de plusieurs mois aux États-Unis, où il est parti sac au dos." Trois mois plus tard, la police américaine leur apprend que le cadavre de leur fils, atteint de plusieurs balles à la tête, a été retrouvé, enterré dans le sable, en bordure d'une route.
"Selon les policiers, le jeune breton, avec ses cheveux longs, a été victime de son look de routard. Des hommes, plus ou moins affiliés au Ku Klux Klan, ayant pour habitude de " chasser" le hippie le samedi soir." Ce look "pas comme les autres" aura été fatal au jeune "globe-trotter" français. Secoué à l'annonce de cette mort violente qui le touche de près, Hervé Jaouen pense à en faire le sujet d'un prochain roman. "J'ai ressenti un grand choc émotionnel et je me suis dit que j'en ferai un livre. Mais, il me manquait le décor. L'imaginer ou aller sur place ? J'attendais." Quelques années plus tard, l'écrivain est amené à travailler sur un projet de film, avec un chef opérateur revenant du sud des États-Unis, où il vient de tourner un film de Bertrand Tavernier. "Quand je lui ai raconté l'histoire du jeune étudiant français assassiné, il m'a dit avoir assisté à la préparation probable de crimes semblables. Il m'a décrit le décor qu'il avait vu : les types allumés qui partaient, le samedi soir, traquer le Noir ou le marginal, les pick-up dont les râteliers étaient remplis de flingues et les coups de feu dans la campagne que les flics faisaient semblant ne pas entendre…"
L'écrivain français tenait son décor. Il s'est donc mis à écrire l'histoire d'Antoine Laroque, jeune diplômé de marketing et amateur de jazz, qui descend dans le sud profond, pays du jazz, pour aller à la source d'une musique qu'il aime depuis son enfance. Mais, le jeune français se heurte au racisme, toujours ancré dans cette région : "White" et "Blacks" ne comprennent pas sa passion pour cette musique de "nègres". Encore moins, qu'un "blanc" tombe amoureuse d'une jeune Noire... "J'ai mêlé des obsessions et des thèmes récurrents dans mes romans : la solitude, l'idéalisme, l'amour impossible, la lâcheté, l'injustice, le racisme, le fascisme, etc... Il s'agissait aussi pour moi de rendre hommage à cette littérature américaine qui m'a amené à l'écriture." "Les Chiens du sud" sont le seul livre d'Hervé Jaouen dont l'action se situe en Amérique. Mais, l'écrivain quimpérois a aujourd'hui l'intention d'écrire un autre roman, dont l'action se déroulera, en partie, aux États-Unis. Mais, cette fois-ci au début du XXème siècle. "Une chose est sûr", conclut l'écrivain. "L'histoire ne s'inspirera pas des évènements politiques qui se déroulent actuellement aux États-Unis, car je les trouve affligeants." (site Internet : http://perso.wanadoo.fr/phareouest/jaouen.html)

COUP DE CHALEUR (1987, Fleuve Noir)
Brest, 14 juillet 1989. Depuis quelques mois, le massif et inculte Charles Lecomte - dit Charles Martel - dirige la ville avec sa municipalité d'extrême-droite. "Le Prince", son principal conseiller, organise un marathon très particulier pour fêter le Bicentenaire de la Révolution. 200 concurrents participent à cette course. Le gagnant obtiendra un emploi à la mairie. Neuf hommes choisis par "Le Prince" ont bénéficié d'un super entraînement. Le probable vainqueur sera Yellow-sub, un paumé recalé de la Marine Nationale, bien préparé pour l'épreuve.
Denis, jeune militant de gauche déçu de la politique, est amateur de marathons. Il va courir par esprit sportif, plus que pour le poste promis au premier. Après un discutable discours sur la liberté, Charles Martel reçoit les notables. La course est lancée. Denis repère ses vrais adversaires : les expérimentés speedies, et un groupe de neuf hommes mesurant leurs efforts. Au fil des tours éliminatoires, le peloton diminue. Esprit simple, Yellow-sub admire la performance de Denis, qu'il trouve plutôt sympa. Quand ces derniers restent seuls en course, "Le Prince" s'inquiète… (Claude Le Nocher)

HÔPITAL SOUTERRAIN (1990, DENOËL)
" Grand Prix de Littérature Policière, [ce roman] mêle avec virtuosité noir et fantastique : la fille d'un notaire en vacances à Jersey disparaît dans le labyrinthe d'un ancien hôpital, vestige de la dernière guerre. Désemparé, le père soupçonne sa femme d'être une sorcière qui a sacrifié son enfant " (Claude Mesplède, idem)

FLORA DES EMBRUNS (1991, DENÖEL)
Ce port de pêche breton reste marqué par une affaire remontant à près de vingt ans. Flora était serveuse au " Café des Embruns ". Îlienne d'origine, la jeune femme ne manquait pas de caractère. Vinoc, son fiancé marin-pêcheur obtint le commandement d'un chalutier neuf. Il le devait à ses seules capacités. Nonna, riche armateur de 50 ans, patron de Vinoc, était amoureux de la belle Flora. Elle ne lui céda qu'une fois, pour une pitoyable relation sexuelle. Au lendemain de leur mariage, Flora étant enceinte de lui, Vinoc partit en pêche. Son bateau dut s'abriter de la tempête dans un port écossais. C'est là qu'un marin jaloux affirma à Vinoc qu'il était cocu, se basant sur une rumeur malsaine. Désespéré, Vinoc tua son équipage, provoqua le naufrage du chalutier, et disparut. Le drame entraîna le déclin de Nonna. Flora affronta les médisances. Elle racheta le " Café des Embruns ", éleva sa fille Viviane et adopta un autre enfant. Nonna resta proche d'elle. Par un signe du destin, Flora retrouva la carte d'identité de son mari. Depuis, elle va prier chaque jour Notre-Dame des péris en mer.
Un marin danois à l'allure fatiguée s'installe à l'hôtel, face au " Café des Embruns ". Il observe Flora… (Claude Le Nocher)

 

 

 

 

 

LES ENDETTEURS (1994, STOCK)
" Les Endetteurs " est le titre du dernier roman d'Hervé Jaouen qui critique et démonte comment un couple va être pris dans la spirale de l'endettement, du surendettement, puis de l'exclusion. Un sujet qui le travaillait depuis des années et qu'il connaît de l'intérieur pour avoir travaillé et milité syndicalement dans ce milieu. " L'évolution du système bancaire me déplaisait de plus en plus. " S'il juge le crédit comme " une activité tout à fait honorable ", le romancier regrette le temps du banquier " conseilleur ". " On assiste à une dérive du fait de la concurrence exacerbée, de la déréglementation, de la baisse des profits des banques sur les marchés financiers, les pertes dans l'immobilier comme pour le Crédit lyonnais. les comptes courants rapportant moins, on a donc tendance à traire la vache (…) Je me suis toujours révolté contre l'idée de fixer des objectifs à des employés en matière de crédit. Forcément, cela conduit à des ventes forcées. (…) Il faudrait moraliser ce système et en particulier supprimer le commissionnement sur les crédits qui pousse aussi à offrir les emprunts avec les taux les plus élevés " (Michel Guilloux, " L'Humanité ", 15 décembre 1994)

LE FOSSE (1995, DENOËL)
" Quand ils sortent le samedi soir, les Langlois expédient leur fille Catherine chez sa mamie où, croient-ils, elle regarde la télé ? Un dimanche midi, le téléphone sonne. Mamie doit avouer l'incroyable : Catherine sortait, et elle n'est pas rentrée. Avant d'appeler la police, son père mène l'enquête. Il apprend très vite que sa Catherine franchissait " le fossé ", le boulevard périphérique qui sépare les quartiers bourgeois de la Zone. Sur les traces du petit chaperon rouge, une véritable descente aux enfers dans la jungle urbaine " (4e de couverture)

L'ALLUMEUSE D'ÉTOILE (1996, DENOËL)
" Hervé Jaouen (…) nous fait découvrir le destin d'une Patricia Kaas flamande, Évelyne, une blonde aux yeux bleus, qui après avoir vécu avec un musicien plus vieux qu'elle et qui sera son premier Pygmalion, atterrira dans les Monts d'Arrée en Bretagne, distillant d'une voix rauque des goualantes aux sexagénaires locaux dans un bal rétro. Un poète qui puise son inspiration dans le passé, un producteur qui lui taille sur mesure un contrat la spoliant, l'enregistrement d'un disque et la fuite dans un club de vacances teuton en Turquie avec un nouveau Pygmalion, scelleront son destin face à la fatalité. La misère physique, charnelle et morale, s'inscrit comme le lien entre sorcellerie, érotisme et avatars du show-biz. Hervé Jaouen jette un regard trouble sur notre société moderne, à moins qu'il ne soit trop lucide pour une société trouble " (Paul Maugendre, " La tête en Noir " n°6)

LA TENTATION DU BANQUIER (1998, DENOËL)
" On avait pu constater, avec "les Endetteurs" comment Hervé Jaouen mettait à profit son passé de syndicaliste bancaire pour démonter les rouages de la vie à crédit, et ses dégâts provoqués par les professionnels du découvert rémunéré. "La Tentation du banquier" n'est même pas une charge, mais le démontage tout aussi systématique des rouages qui peuvent conduire un directeur de banque jusqu'au sommet de celle-là, à la faveur de changements gouvernementaux, et à la ruine dudit groupe, la Banque nationale de crédit, dont le siège est situé sur les boulevards parisiens... Sur un ton voltairien, l'auteur règle ses comptes courants avec une "vague rose" des années 80 dont l'écume a recouvert quelques années les pires liaisons avec des groupes véreux, voire mafieux. Son Albert Ganne, de cadre dirigeant suivi du fin fond de la Bretagne jusqu'au boulevard Haussmann, n'est qu'un Rastignac aux petits pieds. Voilà une antisaga golden boy au vitriol. " (Serge Turbe, " L'Humanité ", 1998)

MERCI DE FERMER LA PORTE (DENOËL, 1999)
" Six nouvelles composent ce recueil dont le thème central est la mort acceptée, sinon provoquée. Le suicide consécutif à une dérive que ne veulent plus subir les protagonistes de ces histoires. Des personnages qui sont lassés de se confronter à un destin cruel, impitoyable ou tout simplement indifférent (…) Des histoires simples, émouvantes, de tous les jours, sans artifices, sans misérabilisme, mettant en scène des personnages modestes, faibles parfois, au contact d'une société qui s'acharne à les briser, à les mutiler, à les humilier. Une dérive insidieuse qui guette chacun de nous, pour peu que l'on ne sache se rebeller contre les vicissitudes d'un monde qui ne pense que profit, rentabilité, avec comme matériel l'arnaque, la répression, le mépris " (Paul Maugendre, " mauvaisgenres.com ")

 


CLAUDE LE NOCHER

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